PROGRAMME DÉTAILLÉ DU FESTIVAL TEXTE EN COURS 2024

Une performance en trois temps pour une actrice. / Le portrait fragmentaire d’une animatrice périscolaire, bientôt 30 ans mais pas encore, qui se laisse bouffer par l’obsession, jusqu’à perdre pied avec la réalité. / Une photographie de l’époque, et de la génération milléniale, notre rapport au temps, aux écrans, à la consommation, au bien-être, à la culpabilité, à la santé mentale, au confinement, à la dépression, et à l’angoisse existentielle de devoir continuer sa petite vie quotidienne au milieu d’un monde qui s’effondre. / Une traversée des conneries qu’on doit faire pour survivre financièrement et moralement dans la société patriarcapitaliste dans laquelle on vit. / Une réflexion sur le sacré, et comment il s’immisce dans le profane de nos vies. / Une exploration du quotidien dans ce qu’il a de plus intime et de plus moche. Un collage de matériau, de liens Wikipédia, de musiques, de listes de courses, de listes d’interdits, de vidéos YouTube, de vidéos tutos, de vidéos de sport, de vidéos pornos, de citations de romans, d’horoscopes et de la Bible. / Le récit d’une année de descente aux enfers, en quatre saisons, racontée à la première personne, après en être sortie (ou presque).

Lecture : Célia Farenc
Mise en lecture : Sylvère Santin

J’ai 8 ans. C’est l’année Cyrano de Barjolac. Enfin, un truc comme ça. Papa se promène avec un faux nez et une épée qui se prend dans les portes. Il saute partout, il rit très fort, il est brillant, c’est mon papa. J’ai un nouveau copain à l’école, Victor. Il préfère collectionner les cartes de « Jeanne et Serge » plutôt que de regarder
« L’Anneau des Nibelungen » avec moi.
J’ai 10 ans. C’est l’année Roi « Lire ». Maman dit à papa de se lever parce qu’elle en a marre de tout faire à la maison pendant qu’il pleure à longueur de journée en pyjama. Dans ma chambre, Victor fait Brunehilde et moi je joue Siegfried, le chevalier sans peur. Un jour, je sauverai mon papa.
J’ai 40 ans. Je suis une femme, une artiste, une mère. J’écris un spectacle sur mon enfance. Je n’ai pas vu mon père depuis 10 ans.
Elevée dans une famille d’artistes haute en couleurs, avec un père bipolaire, toxique et génial et une mère qui tente de tenir le cadre, Zoé navigue entre merveilles et chaos. Quête initiatique, hommage à l’enfance, épopée en équilibre constant entre le rire et les larmes, Zoé est une aventure joyeuse, une histoire d’amour filial, d’émancipation, et de transcendance par l’art.

Lecture : Élodie Buisson, Célia Farenc, Tristan Leroy, Frédéric Roudier, Lauretta Trefeu
Mise en lecture : Sylvère Santin


Les pièces de Marine Bedon s’ancrent essentiellement dans un territoire rural, s’intéressant au fossé qui peut exister entre ville et campagne, et aux enjeux plus propres au monde agricole. Elle interroge dans l’écriture le rôle de l’héritage, de la transmission des regrets, des frustrations, des secrets, ou de l’amour d’un territoire et de ses paysages. Elle s’intéresse à la façon dont le passé, que nous portons, y compris celui des générations qui nous précèdent, travaille le présent. Économe, la langue s’efforce de restituer des sensations, des impressions. Dans la forme, ses pièces s’apparentent souvent à une (en)quête. Les personnages sont mis dans une disposition de recherche et découvrent, sur le chemin parfois sinueux qu’ils tracent, des choses sur eux-mêmes, leurs proches, et sur la société dans laquelle ils se sont construits.

Les ateliers de mise en voix ont été menés par Agathe Heidelberger & Jules Tricard

Tétanisé par la peur du loup et écrasé par ses tabous virils, ce duo de petits cochons nous invite à essayer de comprendre pourquoi les émotions se cognent-elles si fort entre elles dans les cœurs des porcs. Devant la télé dans leur maison de briques ou encore sur la pelouse du stade de foot, dans chaque épisode, on assiste au spectacle bouffon de deux cochons qui craquent l’armure, qui craquent la parole, qui craquent l’un pour l’autre, qui craquent sous la dent l’un de l’autre.

Lecture et mise en lecture : Christophe Pichard & Jules Tricard


Partant d’un désir d’écrire de la fiction, Lola Molina abordent dans ses textes des thèmes qui traitent souvent de personnages en marge. La nuit, la fuite, les amours interdites forment son univers. L’écriture de ses textes offrent des partitions pour les acteur·ices qui mêlent dialogues et voix intérieures dans un tissage original, comme si les personnages pouvaient se parler par-delà le temps, l’espace et la mort.

Les ateliers de mise en voix ont été menés par Agathe Heidelberger & Jules Tricard

Deux jeunes sœurs Pensée et Meije évoluent dans un endroit hostile à leur épanouissement. Les montagnes les encerclent, les chasseurs règnent, les couvre feux les enferment et les secrets de famille pourrissent à l’intérieur de leur maison. Dans cette espace où elles évoluent, la nature est impactée et n’est plus neutre depuis longtemps dans les luttes et les fuites de ces habitant.e.s. Des générations se sont succédées entières et rien ne semble avoir changé, tout se répète dans une boucle incessante rythmée par les saisons et leurs coutumes immuables, tout prend place comme c’est censé l’être, sans vague et sans opposition, jusqu’à un jour où…

Lecture : Ludivine Bluche, Mélanie Helfer, Lauretta Trefeu
Mise en lecture : Élodie Buisson


Trois collégiens d’une même fratrie nous racontent leur quotidien. Il y a Sam, l’aîné et Lila et Juju, à peine plus jeunes que Sam.

Les adolescents posent le contexte :  leur génération est celle qui a vécu à Paris les attentats du Bataclan, la pandémie et le début de la guerre en Ukraine. Leur génération est  celle qui va devoir faire face. Traverser l’adolescence et ses questions existentielles dans un monde qui dégringole.

L’actualité de la guerre percute leur quotidien à travers deux enfants ukrainiens qui ont fui la guerre et qui sont accueillis dans leur collège après les vacances de février. Leur venue ancre Sam, Lila et Juju dans cette réalité politique qu’ils ont entendue à la télé. Premiers émois d’adolescents et peur de la troisième guerre mondiale annoncée. Comment faire pour aider Andreï et Svitlana à faire cesser la guerre dans leur pays ? Comment les sauver et puis, comment sauver l’humanité ? Sam, Juju et Lila peuvent-ils, avec leur langage d’adolescents, convaincre les dirigeants des nations impliquées dans cette guerre de changer le monde de demain ?

Lecture : Adeline Bracq, Théophile Chevaux, Stan Dentz, Dag Jeanneret, Anne-Juliette Vassort
Mise en lecture collective coordonnée par Anne-Juliette Vassort

Time is money. Et si je changeais par : money is time. Cela se passe aujourd’hui – ou pas. Par ici.

Cela cause de « commerce » entre les humains. De la vie entrevue par le prisme de la valeur. De ce qui vaut quelque chose ou pas, comme on l’entend d’un objet, d’un travailleur, d’un vivant. Surtout aborder par la négative : « Il/elle ne vaut plus rien. ». Et du rapport au temps que cela impose.

Chacune et chacun des protagonistes se retrouve à frotter son temps de vie à la valeur qu’on lui confère.

USURES sera une suite de scènes mettant en correspondance ou en conflit l’argent et le temps. Avec drôlerie, ou pas.

Gagner son pain. Perdre son temps. Gagner sa vie. La perdre. Nos vies, au contact de la finance, deviendraient-elles obsolescentes ? Et cela serait-il rentré même dans notre façon de nous exprimer ?
Chaque Usure sera portée par une voix, ou plusieurs.
La première (Aterméchu) laisse parler une femme et un banquier. La deuxième (L’homme sans intérêts) met en scène un « narrateur » ou une « narratrice », un actionnaire et un ouvrier.
La femme reviendra plus loin, ayant hérité, gagné « l’argent des morts » et remboursé son avenir avec.
Etc…
Une ronde…
Une sorte de cabaret …

Lecture : Hélène De Bissy, Théophile Chevaux, Stan Dentz, Maija Nousiainen
Mise en lecture : Dag Jeanneret


Inspiré d’un fait réel, l’incendie en 2017 de la Grenfell Tower, une tour de logements sociaux à Londres, Brasier n’en est pas moins une fiction pure qui ausculte les décombres du drame et ses conséquences dans la vie d’un nouveau-né rescapé. Un bébé survivant, un miraculé du désastre, recueilli dans l’urgence par une jeune tante qui n’était pas préparée à ce nouveau rôle à responsabilité. Sous la forme d’une épopée poétique racontée par un chœur, cette fable contemporaine tresse le traitement médiatique sensationnel de l’événement avec sa déflagration intime dans la vie des personnages que nous suivons sur seize années.

Lecture : Ludivine Bluche, Juliette Jeanmougin, Paul Larue, Maïna Le Dantec, Jonathan Mallard
Mise en lecture : Katia Ferreira

Une nuit, le destin de Paolo bascule. Il rencontre Olga et Nathan dans la chaleur d’un club. Pendant plusieurs mois, iels l’initient à ce qu’il n’a jamais connu : la fête, la drogue, le travail du sexe. Et même l’amour. Derrière cette vie trépidante, la brûlure du béton subsiste pour chacun des trois. Que faire quand on appartient à cette génération désenchantée ?

Lecture : Renaud Baillet, Clara Lambert, Paul Larue, Tristan Leroy, Jonathan Mallard, Frédéric Roudier, Jules Tricard
Mise en lecture : Sylvère Santin

Ils sont deux sur un banc, à chercher leurs affaires, à chercher leur mémoire, à chercher qui ils sont. C’est précocement qu’Alzheimer a frappé Boris et Betty.

On devient les témoins de leur vie quotidienne au Centre de santé. Plus on apprend à les connaître et moins ils se connaissent eux-mêmes.

Un jour, la cheffe de service leur présente sa nouvelle recrue : Bina48, un robot intelligent et sensible, doté de centaines de téraoctets de souvenirs humains. Plus elle apprend à les connaître et plus elle se demande qui elle est.

Une rencontre est-elle possible entre ces humains qui oublient et cette machine qui apprend ? Malgré leurs empêchements physiques ou mécaniques, cognitifs ou algorithmiques, une véritable relation empathique peut-elle naître ?

Lecture : Katia Ferreira, Juliette Jeanmougin, Maïna Le Dantec, Frédéric Roudier, Sylvère Santin
Mise en lecture : Jonathan Mallard